24 Nov 2017         Posté par Elsa

Daisy Ridley construit un Faucon Millenium en LEGO ( et répond à des questions) :

 

Daisy Ridley: Star, Guerrière, Héroïne

Qu’est-ce qui est plus cool qu’un succès de plusieurs milliards de dollars ? Deux succès de plusieurs milliards de dollars ! L’actrice anglaise Daisy Ridley s’apprête à avoir les deux alors qu’elle reprend le rôle de Rey dans le nouvel épisode de Star Wars.

Quelques semaines après la sortie de Star Wars : Le Réveil de la Force, Daisy Ridley, l’interprète de Rey, est partie en vacances sur une île de Croatie avec des amis de l’équipe du film. La jeune femme qui avait 23 ans à l’époque avait été avertie qu’après la sortie du film, sa vie allait radicalement changer. Elle était terrifiée. Après tout, c’était son tout premier grand rôle.

Dans les restaurants, elle scrute les serveurs pour savoir s’ils sont trop gentils avec elle. Elle se demande si elle pourra reprendre le métro. En vacances, ses amis ont commencé à l’appeler Linda, dit-elle. Puis ils l’ont appelé ‘Linda la parano‘ lorsqu’elle fut convaincue qu’un homme les suivait partout et qu’il était peut être un détective privé engagé par les studios.

Deux ans plus tard, Daisy a 25 ans et elle est assise en face de moi dans un restaurant de Manhattan. Elle déborde de cet enthousiasme que l’on peut voir à l’écran et qui est plus communément appelé le charisme. Linda la Parano fait toujours quelques apparitions occasionnelles mais elle a parfaitement réussi à ajuster sa vie après deux films Star Wars.

Daisy croit que la meilleure façon de survivre à la pression de la célébrité, c’est d’essayer de l’apprécier. Dans son monde, tout est «fantastique» et tout le monde est «remarquable». Sa mère est «une personne bien», Barbra Streisand est «une femme formidable», Harrison Ford est «impressionnant» et ‘Colly’ (Olivia Colman pour vous et moi) avec qui elle joue dans Le Crime de l’Orient-Express est «incroyable ». Ce n’est pas de la flagornerie, Daisy est tout simplement heureuse !

Cette joie a servi d’écran derrière lequel se cacher depuis qu’elle a fait Star Wars. A présent, Rey est de retour dans Les Derniers Jedi réalisé par Rian Johnson. Mais Daisy a ressenti encore plus de pression pour ce film que pour le premier : «Tout à coup, j’ai eu l’impression que j’avais plus de responsabilités» dit-elle. « Je ne pense pas que j’ai été bonne dans le premier film et c’est quelque chose avec lequel j’ai eu du mal. »

Ce n’est pas de la fausse modestie. Lorsqu’on parle de ses prestations, la franchise de Daisy est assez surprenante.

JE NE PENSE PAS QUE J’AI ÉTÉ BONNE DANS LE PREMIER FILM ET C’EST QUELQUE CHOSE AVEC LEQUEL J’AI EU DU MAL

Son accent semble un peu snob, ça vient probablement de ses années à l’internat. A huit ans, elle a été envoyé à la Tring Park School pour les arts du spectacle dans le Hertfordshire. Ça ne venait pas d’un désir de devenir actrice mais parce qu’une de ses amies était dans un pensionnat et ça semblait amusant.

«J’étais une enfant grognon.» dit Daisy souriant à l’insinuation qu’elle peut toujours, de temps en temps, être un peu grincheuse. «J’étais très distraite lorsque j’avais fini mon travail, j’embêtais tout le monde. Ma mère a pensé que si j’étais occupée je serais moins agaçante. J’ai toujours eu l’impression de ne pas m’intégrer.». Cette anxiété n’était pas parce qu’elle était une élève studieuse mais venait du sentiment de ne pas être prête à partir découvrir le monde en tant qu’adulte. « A 12 ou 13 ans je ne savais pas comment me maquiller » dit elle « et je ne sais toujours pas me coiffer. Les gens portent des talons hauts à cet âge !»

Son CV est extraordinaire : en plus de jouer dans Star Wars, l’actrice a joué dans ‘Ophélie’ face à Naomi Watts et elle a tourné Le Crime de l’Orient-Express avec Judi Dench, Penélope Cruz, Sir Derek Jacobi et Olivia Colman. C’est pendant le tournage de ce dernier que Daisy a finalement craqué : «Je me suis tourné vers Ken, j’ai essuyé une larme et je lui ai dit “Je n’arrive pas à croire que je suis ici. Merci infiniment !”» Elle a ajouté en plaisantant à moitié : «Est-ce que quelqu’un t’a forcé à me choisir ?». ( Il a dit non)

L’auto-dénigrement existe bel et bien. Ce n’est pas seulement le poids de la célébrité ou une piètre fausse modestie. Il y a eu des moments dans la vie de Daisy, surtout après la sortie du premier Star Wars, où elle était littéralement mal dans sa peau.

A 15 ans elle a été diagnostiquée atteinte d’endométriose, une condition douloureuse où l’on observe la présence de muqueuse utérine en dehors de la cavité utérine. Cette maladie entraîne, en plus d’autres symptômes, une acné sévère qui s’aggrave avec le stress. Le genre de stress que vous ressentez lorsque vous êtes la star de la plus grosse franchise de films de tous les temps.

«J’étais toute seule dans mon appartement et je devenais complètement folle. Puis ma peau est devenue horrible et je ne me sentais pas bien. J’avais des trous sur les parois intestinales. Les gens ne savaient pas quoi faire et je me sentais malade.» Elle a fait ce qu’elle fait toujours en période de stress, elle s’est tournée vers sa famille. Elle a emménage chez sa sœur à quelques rues de la maison de ses parents. Puis, elle a loué un appartement dans le même quartier dans l’ouest de Londres.

Pourtant, dit Daisy, c’était effrayant. Il est difficile de penser à une introduction à Hollywood plus intense : gagner le grand rôle dans un nouveau film Star Wars! Elle est passée de petites apparitions dans des séries anglaises comme Casualty, Silent Witness et Mr Selfridge au tournage du Réveil de la Force à Abu Dhabi. Sans comprendre ce qui se passait, elle s’est retrouvée le premier jour sur le plateau du tournage avec une assistante qui tenait une ombrelle au dessus de sa tête pour la protéger du soleil. Elle a regardé autour d’elle et a commencé à «flipper». Puis le réalisateur, JJ Abrams, a crié ‘action’.

IL EST DIFFICILE DE PENSER A UNE INTRODUCTION A HOLLYWOOD PLUS INTENSE

Daisy n’oubliera jamais la scène dans laquelle elle descend de son Speeder, marche sur une petite distance avec BB-8 et lui dit « On va te ramener chez toi.». Est-ce vrai qu’après avoir dit cette réplique, JJ a dit de son jeu qu’il était «un peu artificiel» ? Daisy rit.

« C’est vrai ! Après la première prise, il m’a dit : “Ça manque un peu de… naturel.” Puis nous avons continué. Mais JJ est le genre de personne qui avant une scène dit :” Ne fous pas tout en l’air !” Et il m’a dit ” C’est un peu artificiel” et j’ai pensé :”Oh non!”. Mais la prise d’après fut meilleure. C‘est seulement parce que le mot “artificiel” est très tendancieux. Et j’étais très tendue. »

En réalité, Daisy trouvait JJ Abrams et le reste de l’équipe de production très à l’écoute. Si bien qu’elle ne se rendait pas très bien compte de “la machine Star Wars” qu’il y avait derrière. C’était un plateau de tournage agréable sur lequel elle passait la plupart de son temps avec John Boyega, l’interprète de Finn et avec qui elle avait la majorité de ses scènes.

JJ Abrams avait délibérément engagé des maquilleurs et des coiffeurs pour Daisy qui avaient travaillé pour les films Harry Potter. Parce que, dit-elle, « àpart le fait qu’ils étaient fantastiques et très talentueux dans ce qu’ils font, JJ savait qu’ils s’étaient bien occupés d’Emma [Watson], Daniel [Radcliffe] et Rupert [Grint] pendant des années. Je me suis sentie très bien entourée.»

Harrison Ford, pendant ce temps, lui rappelait son père. « Ils ont tous les deux une boucle d’oreille et ils sont trop cool!» La première fois qu’elle a tourné une scène avec lui, il l’a enlacé et lui a dit : « Elle est tellement adorable». A ce moment, elle s’est sentie à la maison. (Pendant ce temps, son père a visité le plateau de tournage et est allé voir Mark Hamill. D’une manière que seuls les pères savent le faire, il lui a demandé : « Et vous ? Vous jouez qui ?»).

«Tout le monde m’a demandé : Es-tu prête à voir ta vie changer ? Et à force de se l’entendre dire tous le temps, ça commence à tourner dans votre tête. »Pendant toute cette période, elle s’est raccrochée à un conseil que la regrettée Carrie Fisher lui avait donné. « Elle m’a dit qu’il ne fallait pas que je recule devant le succès mais que je l’apprécie, que j’en profite.» Au delà de ça, elle s’est replongée dans le travail : «Au boulot vous êtes normale, vous n’êtes plus différente contrairement à d’autres situations.»

HARRISON FORD A UNE BOUCLE D’OREILLE ET IL EST TROP GÉNIAL

Sûrement a t-elle déjà été en admiration devant une célébrité ? «Absolument pas.» dit-elle. « Je n’ai jamais idolâtré qui que ce soit. Je n’ai jamais eu de béguin. Lorsque j’ai rencontré Barbra Streisand, par exemple, j’étais époustouflée pas à cause de son travail mais parce que c’est une femme fantastique.» C’est JJ Abrams qui a recommandé Daisy à Barbra, qui cherchait une jeune star avec une belle voix pour appara$itre dans son album ‘Encore’, sortie en 2016.

Daisy chante At the Ballet, chanson extraite de la comédie musicale Chorus Line en duo avec Barbra et Anne Hathaway. Elle s’est trouvée un nouveau modèle. « Je suis allée chez elle et nous avons parlé de Carl Jung parce que mon père l’adore. Nous avons parlé de rêves et je suis partie en me sentant très émue, pas parce qu’elle est connue mais parce qu’elle est fantastique. Une partie de sa réputation vient du fait qu’elle soit une femme. Si c’était un homme qui contrôlait sa carrière, les gens diraient qu’il sait ce qu’il veut.»

CARRIE FISHER M’A DIT DE NE PAS RECULER DEVANT LE SUCCÈS

L’une des choses avec laquelle Daisy a eu du mal alors qu’elle devenait célèbre, c’est la responsabilité que Rey doit être un modèle pour les jeunes filles. On lui a posé des questions sur le féminisme et elle a dû se dépêcher, à certains moments, pour former une opinion. Pas parce qu’elle est apolitique mais parce que tout ce qu’elle dit à présent peut potentiellement revenir la hanter. Pour quelqu’un qui doute beaucoup de soi, ça peut avoir un effet de paralysie.

Bien évidemment être une jeune et jolie femme à Hollywood signifie que vous êtes constamment examinée à la loupe. Daisy, comme Anne Hathaway et Jennifer Lawrence avant elle, devra supporter les interprétations variées qui rongeront tout ce qu’elle dira. Et si elle semble moins confiante que ses ainées, il faut beaucoup de courage pour admettre ses faiblesses plutôt que de les cacher derrière une fausse confiance en soi.

JE N’AI JAMAIS IDOLÂTRÉ QUI QUE CE SOIT. JE N’AI JAMAIS EU DE BÉGUIN

Elle a aussi appris à se détendre un peu, bien que le tournage du second Star Wars, dans lequel elle a beaucoup moins de scènes avec son ami John Boyega, l’ait rendu assez nerveuse. «John et moi nous ne sommes pas autant ensemble que dans le premier. Je me disais que j’ai fait le premier film parce que je ne savais pas trop dans quoi je m’engageais. Je m’amusais beaucoup et tout à coup j’ai réalisé ce que c’était et je ne pouvais plus le faire.»

Elle dit tout ça avec un sourire pour reconnaître à quel point c’est névrotique. « Je suis très dramatique ! C’est beaucoup de ‘ Oh mon Dieu !’. Et Rian (le réalisateur) m’a juste dit : “On va faire ça et ça. C’est comme ça que ça va marcher.” Puis finalement, je me suis dit ” Ah oui, ça marche !” Le fait est que parfois vous êtes mauvais dans votre boulot et parfois vous êtes bon.»

Avoir ce genre d’expérience aide. Mais Daisy a toujours des moments où elle doit vérifier si tout ça est réel. Une nuit, sur le tournage du Crime de l’Orient-Express, elle s’est retrouvée assise a jouer aux cartes avec Sir Derek Jacobi, Olivia Colman, Penélope Cruz et son mari Javier Bardem, qui était venu encourager sa femme. (Judi Dench était partie se coucher tôt.) Le jour suivant, elle s’est assise à côté de Sir Derek et ils ont fait des mots-croisés. Même Linda la Parano serait forcée de reconnaître à quel point c’était amusant.

Traduction réalisée par Daisy Ridley France. Ne pas reposter, merci.

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